- Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 5)

Publié le par bauds

retour au début: - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870
retour à l'article précédent: http://bauds.over-blog.com/article-32845579.html

Une carte pour visualiser le trajet du 8 septembre. (Gorze - Rémilly = 40 km environ)




08 septembre 1870 (suite 2)
"...La pluie avait tombé, encore tout cet après midi, ce qui était une misère de plus pour nous; mais vers le soir le temps s'éclaircit, et devint froid. Cependant il était nuit, et nous n'étions pas encore arrivés. Le chemin devint de plus en plus mauvais, de sorte que nous étions forcés de nous arrêter à chaque instant pour donner aux premiers le temps de franchir les mauvais passages; cela devint tel que nous nous arrêtions cinq minutes, puis nous faisions quelques pas pour nous arrêter de nouveau; de sorte que le froid nous gagnait, car il avait tombé assez d'eau pour tremper nos effets; beaucoup tombaient et ne pouvaient pas se relever...."




08 septembre 1870 (suite 3)

"...Nous sommes arrivés à un endroit où le chemin n'était pas praticable, on ne pouvait passer qu'un ou deux à la fois, c'était un chemin de traverse qui correspondait à la gare et qui avait été défoncé par l'artillerie prussienne et le mauvais temps. Il était à peu près onze heures du soir, lorsqu'on nous conduisit, non pas à la gare, mais dans un champ prussien, pas un camp, mais des champs, de la boue jusque couvert les souliers,..."




Une semaine plus tôt, à Sedan, Napoléon III livrait son armée à la Prusse. (imagerie d'Epinal)




- Remilly - La lettre n'indique pas la localité, mais je pense qu'il s'agit probablement de la gare de Remilly (carte postale)



 

- Gare de Rémilly

- La gare de Remilly aujourd'hui
 

  link

Extrait de l'article " Rémilly de la préhistoire à nos jours"

 

"En 1870 la localité est ravagée par une épidémie de fièvre typhoide, variole typhus qui se solde par 58 décès C'est l'occupation du territoire et Rémilly se trouve inclus dans un "Reichland". Et ensuite la première guerre mondiale qui voit "Remelach" plier aux exigences allemandes jusqu'en 1918. Le retour à la France ne fut pas définitif puisque le 16 juin 1940 les troupes hitlériennes entrent à nouveau à Rémilly où elles resteront jusqu'au 11 novembre 1944 date de la libération de Rémilly."

 





08 septembre 1870 (suite 4)

"...c'était à ne pouvoir s'en retirer; là il fallait de nouveau nous mettre sur les rangs, à fin de nous compter, puis on nous fit une distribution de pain moisi, que je n'aurais pas voulu regarder en tout autre cas; mais ce jour-là, je le trouvais bon. La nuit m'épouvantait, nous n'avions pas de quoi faire du feu pour nous réchauffer, et faire sécher nos vêtements; il ne fallait donc pas penser à dormir, et cependant nous avions grand besoin de repos, car nous étions tous épuisés...."




08 septembre 1870 (suite 5)

"...Je réfléchissais au moyen de passer cette nuit, sans m'exposer à mourir de froid dans cette boue; j'entendis parler de partir, et presque aussitôt on nous fit mettre sur les rangs, puis on nous dirigea vers la gare qui n'était pas bien éloignée de cet endroit. Voilà comme on nous a placés: quarante-cinq et même cinquante dans chaque wagon à bestiaux;..."







08 septembre 1870 (suite 6)

"...sans bancs; debout, nous avions juste la place nécessaire pour nous mouvoir, mais lorsque nous avons voulu prendre une position de repos, il fallait nous mettre les uns sur les autres, de sorte que la nuit en nous éveillant, l'obscurité était complète, chacun cherchait un bras ou une jambe - qui étaient engourdis sous le poids de quelques voisins. Nous n'étions pas très bien, mais bref, nous étions mieux que les jours précédents...."





09 septembre 1870 (quelque part entre Rémilly et Magdeburg)

"...- Le lendemain à la première gare où nous nous sommes arrêtés, nous avons pu faire nos provisions de bouche, puis vers midi on nous a fait prendre un bouillon au riz avec une portion de viande à chacun. Voilà notre nourriture du premier jour...."

 




10 septembre 1870

"...Le deuxième au matin, on nous a fait prendre du café à la première gare, mais du café sans sucre. Au soir, bouillon comme la veille. Après un stationnement assez considérable, le train reprit sa marche, pour ne s'arrêter qu'à la ville de Magdeburg lieu de notre captivité. ..."

 




- Locomotive
- La locomotive qui tirait le train ressemblait probablement à celle-ci.

 




Pour visualiser le trajet Remilly- Magdeburg (environ 600 km)




A suivre au prochain article...
http://bauds.over-blog.com/article-33002289.html

Commenter cet article