- Neuf-Brisach - 1870 - Souvenirs de captivité. - 1 - Extraits décrivant la captivité des prisonniers de la défaite de Neuf-Brisach

Publié le par bauds

Tintin68 a retrouvé un livre intitulé "Neuf-Brisach, souvenirs du siège et de captivité" édité en 1873 chez Berger (auteurs: RISLER, LAURENT-ATTHALIN).
Ce livre doit certainement raconter des choses comparables à celles de la lettre de mon arrière grand père pour ce qui est de la captivité.
Neuf-Brisach, dont la citadelle (image) fut érigée par Vauban vers 1700, connaîtrta son premier siège en 1870: investie dès le 6 octobre 1870, elle subira de violents tirs d'artillerie du 2 au 10 novembre avant de capituler le 11 novembre.

 



(voir l'article - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 8) - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 8)


Chapitre sixième: reddition de la place - captivité - extrait n° 1/


Vers deux heures, ( n.d.l.r. au moment de la reddition le 10 novembre 1870 14 h) un parlementaire fut envoyé aux avant-postes allemands pour ouvrir les négociations; - et dans la soirée, le commandant supérieur se rendit de sa personne à Biesheim avec un officier pour discuter des conditions de la reddition. A son retour, il donna communication aux chefs de corps du texte de la capitulation.- La garnison, troupes de ligne, garde mobile et francs tireurs de Mirecourt était faite prisonnière; elle devait sortir de la place avec les honneurs de la guerre.
Après 33 jours d'investissement et 9 jours d'un bombardement sans trêve, la petite place de Neuf-Brisach tombait aux mains de l'ennemi.
Quand le jour se lèvera-t-il où la France arrachera de ses remparts le drapeau allemand qui y flotte encore aujourd'hui?
Un journal de Berlin, la National-Zeitung, dans son numéro du 18 novembre 1870, disait: "aucune ville n'a eu relativement plus à souffrir de notre meurtrière artillerie que Neuf-Brisach. Toute la ville, y compris les fortifications, n'est qu'un monceau de cendres! Le système de Vauban a fait son temps par suite du perfectionnement de notre artillerie."

Une porte de la citadelle de Neuf-Brisach




Chapitre sixième: reddition de la place - captivité - extrait n° 2/
10 novembre 1870



Les ravages causés par le feu de l'ennemi étaient en effet considérables.- La voûte de la poudrière de la porte de Colmar était éventrée; la poudrière de la porte de Bâle avait gravement souffert. Les tours n° 3 et 5 menaçaient de s'écrouler; les portes de Strasbourg et de Colmar étaient en ruines.Les traverses étaient pour la plupart démolies. Les projectiles avaient comme labouré les terre-pleins des ouvrages, et haché les arbres du rempart. Les bombes avaient creusé de véritables vallées dans le massif des fortifications. - Quelques unes de nos pièces gisaient sur les débris de leurs affûts.
La ville présentait un aspect de morne désolation. Des quartiers entiers étaient convertis en de véritables carrières. Des débris de meubles, et les cadavres, à demi dévorés par l'incendie, des boeufs et des chevaux qu'on n'avait pu faire sortir de leurs écuries étaient ensevelis sous des monceaux de pierres. Les habitants erraient tristement dans les décombres. L'air était tout imprégné des exhalaisons de la poudre et de la fumée des incendies.
Des 280 maisons de la ville, 125 étaient irréparablement détruites; 140 étaient gravement atteintes; 15 seulement restaient intactes.



Une vue des remparts de Neuf-Brisach






Chapitre sixième: reddition de la place - captivité - extrait n° 3/
10 et 11 novembre 1870



La place possédait, nous l'avons dit, 42 pièces rayées. Sur ce nombre, 11 avaient été démontées: 2 pièces de 24, 5 de 12 de place, 3 de 12 de siège, 1 de 4 de campagne.- Une pièce de 16 lisse avait eu également son affût brisé. - Ces 12 pièces avaient été démontées sur les fronts 2-3, 3-4, et 4-5.
Les documents allemands fixent à 9330 le nombre de projectiles tirés tant sur la place que sur le fort mortier.
Pendant la nuit du 10 au 11, les troupes de garde restèrent à leurs postes dans les ouvrages. Dans la ville des patrouilles furent organisées pour prévenir tout désordre. On se prépara au départ. La garnison devait sortir, à neuf heures du matin, par la porte de Bâle, sur laquelle l'assiégeant n'avait pas dirigé son feu et dont les ponts-levis étaient intacts.
Le dernier jour que nous devions passer sur le sol de l'Alsace française se lève sombre et triste; le ciel est couvert, la bise âpre, glaciale et chargée de neige. Un dernier devoir nous reste à remplir: conserver une attitude digne et calme devant l'ennemi vainqueur.- La discipline fut énergiquement maintenue. A huit heures du matin, les compagnies furent réunies en armes, et, après l'appel, conduites en bon ordre sur la place d'armes, tandis que les gardes allemandes venaient relever nos postes dans les ouvrages extérieurs.



La porte de Bâle à Neuf-Brisach vers 1900


 

 

A suivre.... http://bauds.over-blog.com/article-33198283.html

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