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histoire - guerre de 1870

- Neuf-Brisach - 1870 - Souvenirs de captivité. - 3 - Extraits décrivant la captivité des prisonniers de la défaite de Neuf-Brisach

Publié le par bauds

(voir l'article - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 8) - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 8)

retour à l'article précédent : http://bauds.over-blog.com/categorie-10966232.html

 

Neuf-Brisach, Kenzingen, et Emmendingen.

 


 

Vue aérienne sur Dresde, Briesnitz, et Ubigau





Chapitre sixième: reddition de la place - captivité - extrait n° 7/

"Ordre de la place.
Il est permy aux offiziers français de se loger en ville à leur fraise. Mais il leur faudra donner leur parole d'honneur par écrite de ne pas dépasser les limites de la ville.
Les offiziers à partir du grade de capitaine toucheront une indemnité de 25 thalers (93 fr, 75 c.), les offiziers d'un rang inférieur douze thalers (45 fr.). Messieurs les offiziers devront porter la tenue bourgeoise.
Ils devront autant que possible éviter de troubler l'ordre et la tranquillité publique.
Tout offizier qui enfreindrait cet ordre serait immédiatement logé au château de Pleissenbourg. Toutes les correspondances devront passer ouvertes par le bureau de la place.
En conséquence de l'ordre du ministère de la guerre du 8 novembre, n'est-il pas permis aux messieurs les offiziers prisonniers de porter leurs épées pendant la durée de l'emprisonnement de guerre; la même pas à ceux à qu'ils était remis de l'obtenir en conséquence de l'article quatre de la capitulation de Metz.
MM les offiziers français prisonniers à Leipzig devront faire connaître leur demeure et s'ils changent de domicile, en faire parvenir en deux jours au bureau de la place.
Leipzig, novembre 1870."

 

- Leipzig - La gare de Leipzig





A suivre.... http://bauds.over-blog.com/article-33200150.html


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- Neuf-Brisach - 1870 - Souvenirs de captivité. - 2 - Extraits décrivant la captivité des prisonniers de la défaite de Neuf-Brisach

Publié le par bauds

(voir l'article - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 8)- Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 8)

retour à l'article précédent : http://bauds.over-blog.com/article-33197654.html

Chapitre sixième: reddition de la place - captivité - extrait n° 4/
11 novembre 1870


A neuf heures du matin, nous défilâmes la rage dans le coeur. - La population de Neuf-Brisach nous faisait ses adieux aux cris de: "Vive la France! Vive la République!"
Nous sommes en bataille sur les glacis; les troupes allemandes nous font face; - sur leurs rangs serrés et sombres flotte le drapeau noir et blanc. - L'ennemi nous rend les honneurs militaires; puis, à un commandement, les hommes jettent leurs armes avec tant de violence et de colère, que peu d'entre elles restent intactes.
La garnison est formée en deux colonnes.
L'une de ces colonnes, contournant les ruines du fort Mortier, arriva au bord du Rhin vers onze heures. Les parents des gardes mobiles d'Alsace étaient échelonnés sur le trajet, demandant avec angoisse des nouvelles de leurs enfants; ils cherchaient à les apercevoir, espérant les serrer encore dans leurs bras; mais les uhlans les repoussaient à coups de lance et de plat de sabre. On traversa le fleuve sur des barques; à mesure que les escouades débarquaient, elles étaient dirigées et parquées sur la place de Vieux-Brisach. Les dernières barques passèrent le Rhin vers quatre heures; à cinq heures, la colonne fut mise en marche, pour ne s'arrêter qu'à une heure du matin, à Kenzingen, station du chemin de fer badois.


Vue d'ensemble de Kenzingen et de la gare.




Chapitre sixième: reddition de la place - captivité - extrait n° 5/
11 - 12 novembre 1870

La seconde colonne passa le Rhin en face de Sponeck; de là elle gagna la station d'Emmendingen où elle arriva vers une heure du matin.
Pendant cette marche, nous eûmes à traverser plusieurs villages allemands. La population ne se tenait plus de joie; les pompiers étaient sous les armes, les maisons étaient illuminées; de grands feux flambaient à l'entrée et à la sortie des villages.
Après une marche forcée de seize heures, épuisés par cinq semaines de siège, fatigués des huées de la population badoise, transis par le froid et la neige, nous arrivâmes aux stations où nous attendaient les trains qui devaient nous transporter.
Le samedi 12 novembre, à deux heures du matin, nous fûmes entassés dans des trains immenses, mais presqu'entièrement composés de wagons à charbon découverts. Il était impossible aux prisonniers de s'asseoir ou de se coucher tant ils étaient serrés. La neige continuait à tomber, un vent glacial soufflait; et notre trajet devait durer trois nuits et trois jours consécutifs.
Durant ce long voyage, dont on nous taisait la destination, on ne nous donna que deux fois une mauvaise pâtée. Souvent pour laisser passer d'autres trains, nous stationnions sur des voies de garage.


Emmendingen vers 1910





Chapitre sixième: reddition de la place - captivité - extrait n° 6/
du 11 au 15 novembre 1870

Les habitants des villages voisins accouraient, curieux et âpres au gain. Nos malheureux soldats, manquant d'argent et mourant de faim, donnaient leur couverture en échange de quelques mauvais morceaux et grelottaient ensuite sous leurs légers vêtements.
Après avoir passé à Rastatt, Carlsruhe, Heidelberg, Darmstadt, Francfort-sur-le-Mein, Fulda, Erfurt, nous arrivâmes enfin à Leipzig. Sur ce parcours souvent des voitures avaient été détachées du train; une partie des hommes restèrent à Rastatt; d'autres furent dirigés vers le nord, sur Rensbourg dans le Schleswig et sur Koenigsberg près des frontières de Russie. Les officiers et leurs ordonnances furent furent débarqués à Leipzig. Le commandant de place, parti après nous, alla jusqu'à Dresde.
La plus grande partie de la garnison de Neuf-Brisach fut internée au camp d'Ubigau, au bord de l'Elbe, ou logée à la caserne d'infanterie de Dresde et dans de grands hangars à pontons.
A la gare de Leipzig, nous trouvâmes le commandant militaire de cette ville, qui nous fit signer l'engagement sur parole de ne pas quitter la place. Nous avons conservé le texte authentique de l'ordre qui nous fut communiqué ensuite au château de Pleissembourg; nous le donnons sans aucune retouche:



- Leipzig -Neuf-Brisach-Leipzig (670 km)

 



A suivre.... http://bauds.over-blog.com/article-33198832.html

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- Neuf-Brisach - 1870 - Souvenirs de captivité. - 1 - Extraits décrivant la captivité des prisonniers de la défaite de Neuf-Brisach

Publié le par bauds

Tintin68 a retrouvé un livre intitulé "Neuf-Brisach, souvenirs du siège et de captivité" édité en 1873 chez Berger (auteurs: RISLER, LAURENT-ATTHALIN).
Ce livre doit certainement raconter des choses comparables à celles de la lettre de mon arrière grand père pour ce qui est de la captivité.
Neuf-Brisach, dont la citadelle (image) fut érigée par Vauban vers 1700, connaîtrta son premier siège en 1870: investie dès le 6 octobre 1870, elle subira de violents tirs d'artillerie du 2 au 10 novembre avant de capituler le 11 novembre.

 



(voir l'article - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 8) - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 8)


Chapitre sixième: reddition de la place - captivité - extrait n° 1/


Vers deux heures, ( n.d.l.r. au moment de la reddition le 10 novembre 1870 14 h) un parlementaire fut envoyé aux avant-postes allemands pour ouvrir les négociations; - et dans la soirée, le commandant supérieur se rendit de sa personne à Biesheim avec un officier pour discuter des conditions de la reddition. A son retour, il donna communication aux chefs de corps du texte de la capitulation.- La garnison, troupes de ligne, garde mobile et francs tireurs de Mirecourt était faite prisonnière; elle devait sortir de la place avec les honneurs de la guerre.
Après 33 jours d'investissement et 9 jours d'un bombardement sans trêve, la petite place de Neuf-Brisach tombait aux mains de l'ennemi.
Quand le jour se lèvera-t-il où la France arrachera de ses remparts le drapeau allemand qui y flotte encore aujourd'hui?
Un journal de Berlin, la National-Zeitung, dans son numéro du 18 novembre 1870, disait: "aucune ville n'a eu relativement plus à souffrir de notre meurtrière artillerie que Neuf-Brisach. Toute la ville, y compris les fortifications, n'est qu'un monceau de cendres! Le système de Vauban a fait son temps par suite du perfectionnement de notre artillerie."

Une porte de la citadelle de Neuf-Brisach




Chapitre sixième: reddition de la place - captivité - extrait n° 2/
10 novembre 1870



Les ravages causés par le feu de l'ennemi étaient en effet considérables.- La voûte de la poudrière de la porte de Colmar était éventrée; la poudrière de la porte de Bâle avait gravement souffert. Les tours n° 3 et 5 menaçaient de s'écrouler; les portes de Strasbourg et de Colmar étaient en ruines.Les traverses étaient pour la plupart démolies. Les projectiles avaient comme labouré les terre-pleins des ouvrages, et haché les arbres du rempart. Les bombes avaient creusé de véritables vallées dans le massif des fortifications. - Quelques unes de nos pièces gisaient sur les débris de leurs affûts.
La ville présentait un aspect de morne désolation. Des quartiers entiers étaient convertis en de véritables carrières. Des débris de meubles, et les cadavres, à demi dévorés par l'incendie, des boeufs et des chevaux qu'on n'avait pu faire sortir de leurs écuries étaient ensevelis sous des monceaux de pierres. Les habitants erraient tristement dans les décombres. L'air était tout imprégné des exhalaisons de la poudre et de la fumée des incendies.
Des 280 maisons de la ville, 125 étaient irréparablement détruites; 140 étaient gravement atteintes; 15 seulement restaient intactes.



Une vue des remparts de Neuf-Brisach






Chapitre sixième: reddition de la place - captivité - extrait n° 3/
10 et 11 novembre 1870



La place possédait, nous l'avons dit, 42 pièces rayées. Sur ce nombre, 11 avaient été démontées: 2 pièces de 24, 5 de 12 de place, 3 de 12 de siège, 1 de 4 de campagne.- Une pièce de 16 lisse avait eu également son affût brisé. - Ces 12 pièces avaient été démontées sur les fronts 2-3, 3-4, et 4-5.
Les documents allemands fixent à 9330 le nombre de projectiles tirés tant sur la place que sur le fort mortier.
Pendant la nuit du 10 au 11, les troupes de garde restèrent à leurs postes dans les ouvrages. Dans la ville des patrouilles furent organisées pour prévenir tout désordre. On se prépara au départ. La garnison devait sortir, à neuf heures du matin, par la porte de Bâle, sur laquelle l'assiégeant n'avait pas dirigé son feu et dont les ponts-levis étaient intacts.
Le dernier jour que nous devions passer sur le sol de l'Alsace française se lève sombre et triste; le ciel est couvert, la bise âpre, glaciale et chargée de neige. Un dernier devoir nous reste à remplir: conserver une attitude digne et calme devant l'ennemi vainqueur.- La discipline fut énergiquement maintenue. A huit heures du matin, les compagnies furent réunies en armes, et, après l'appel, conduites en bon ordre sur la place d'armes, tandis que les gardes allemandes venaient relever nos postes dans les ouvrages extérieurs.



La porte de Bâle à Neuf-Brisach vers 1900


 

 

A suivre.... http://bauds.over-blog.com/article-33198283.html

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- Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 8)

Publié le par bauds

retour au début: - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870

retour à l'article précédent - http://bauds.over-blog.com/article-33084978.html

 

décembre 1870 à mars1871 (suite 1) (Magdeburg)

"...- Heureusement pour moi, depuis le premier décembre, époque où le froid a commencé, je fus occupé de mon état, je travaillais avec trois autres cordonniers et deux tailleurs dans un cabinet assez bien chauffé, où nous passions nos soirées, quoique sans travailler le soir, nous étions occupés à réparer les chaussures des hommes de la compagnie, notre travail n'étant pas surveillé, de sorte que nous avons encore assez de liberté. ..."






décembre 1870 à mars1871 (suite 2) (Magdeburg)

"...Je n'avais donc à souffrir du logement que le soir, et c'était assez pour m'enrhumer, car à ce moment, tout le monde était atteint de ce mal, heureux encore ceux qui n'avaient que celà, Les nuits étaient tristes, on entendait tousser continuellement ; comme si nous avions tous été asthmatiques; nous pensions pourrir dans cette caverne...."




décembre 1870  à mars1871 (suite 3) (Magdeburg)

"...L'hiver était si long, et si rigoureux, la neige a couvert la terre depuis la fin de novembre, jusqu'au premier mars, c'est-à-dire trois mois consécutifs. Vers le quinze février, on nous fit déloger de nouveau; pour nous conduire dans des baraques saines et bien chauffées, mais il était trop tard car le dégel vint peu de temps après; et depuis cette époque, nous n'avons pas eu à nous plaindre des rigueurs du temps...."

 



Fin de la lettre. (Magdeburg)

"...Nous regrettons de ne pas avoir passé l'hiver dans ce nouveau domicile, car si nous y étions venus plus tôt, je crois qu'il n'en serait pas mort autant d'entre nous, car sur une trentaine de milles que nous étions à Magdeburg, le nombre des morts est tout près d'atteindre le chiffre énorme de quatre milles. Voilà en abrégé à peu près tout ce qui me concerne , car pour détailler tout, il faudrait faire un gros livre...."




Fin de la lettre. (suite 1) (Magdeburg)

"... Les hommes de la compagnie étaient bien plus malheureux, car ils étaient forcés d'aller travailler dehors, même par le plus grand froid; et lorsque l'un d'eux cherchait à s'en échapper, ou qu'on avait quelque chose à lui reprocher, sa punition était celle d'un peuple sauvage , on l'attachait dehors à un poteau, par les pieds et les épaules, pendant des heures entières, exposé aux rigueurs du temps. Je me trouvais heureux auprès d'eux...."





Fin de la lettre. (suite 2) (Magdeburg)

"...Jugez de ce qu'on avait à souffrir avec un peuple aussi barbare; c'est seulement un aperçu pour vous connaître notre position, je ne vous donne pas plus de détails sur les coups de plat de sabre qu'on recevait, lorsqu on n'obéissait pas assez promptement, lorsqu'on n'était pas levé assez matin ou pour tout autre motif...."





Fin de la lettre. (suite 3) (Magdeburg)


"...- Le code pénal auquel nous étions assujettis contenait les peines les plus sévères, pour les moindres bagatelles, beaucoup contenaient la peine de mort et d'autres la citadelle pendant plusieurs années et même à perpétuité.
Des prisonniers de guerre n'auraient cependant pas du être traités si rudement."





Ainsi prend fin cet émouvant récit sous la forme d'une série d'une cinquantaine d'articles, qui m'inspire cette interrogation:

Pourquoi pas moi?

Je me suis déjà posé plusieurs fois cette question en travaillant à la mise en forme des articles de ce blog sur la guerre de 1870 vécue par mon arrière grand père (photo ci-dessous vers 1920), en sachant que dans la foulée, mon grand père, puis mon père, sont aussi partis comme lui "la fleur au fusil".



La réponse parait évidente lorsqu'on lit ces quelques passages d'Hubert Reeves dans "Je n'aurai pas le temps" reproduits ci-dessous:

"A la fin de la seconde guerre mondiale,...,l'armée américaine,...,mit en chantier la bombe à hydrogène. La conséquence directe fut que les soviétiques la fabriquèrent eux aussi sans tarder. ... La "terreur nucléaire" s'était installée dans les esprits."

Cette terreur a probablement permis d'éviter le déclenchement d'une nouvelle guerre internationale (bien que l'on recense une centaine de guerres depuis 1945).

Hubert Reeves écrit ensuite ce qui me semble expliquer pourquoi mes enfants n'ont pas eux non plus, heureusement, connu la guerre.

" ... La terreur nucléaire a pris fin dans les années 1980. Sous la direction de l'astrophysicien Carl Sagan, un groupe de scientifiques avait modélisé une guerre atomique mondiale. ... Un "hiver nucléaire" s'étendrait alors sur la terre qui pourrait largement éliminer l'espèce humaine. Ce travail eut un effet radical sur les institutions politiques des deux nations ennemies. En 1986, Gorbatchev et Reagan se rencontrèrent à Reykjavik , en Islande, pour entreprendre le démantèlement des bases de lancement terrestres et sous-marines. En 1989, l'éclatement de l'URSS met fin à cette crise. Aujourd'hui, bien que l'arsenal atomique existe encore, le déclenchement d'une guerre nucléaire mondiale parait de moins en moins vraisemblable. Les bombes artisanales et les avions de ligne semblent être les armes de notre époque."

Espérons que la nouvelle société qui émergera de la crise économique mondiale actuelle saura aussi éviter la guerre.

Pour en savoir plus sur la finance, vous pouvez rvoir la vidéo explicative de 50':

link


Désormais, et pour faire le parallèle avec les précédents articles concernant la lettre de mon ancêtre prisonnier à Sedan le 01 septembre 1870, je publierai des extraits de l'ouvrage:

La guerre en Alsace
NEUF-BRISACH
Souvenirs de siège et de captivité
Charles RISLER lieutenant à la 1ere batterie d'artillerie de la Garde lobile du Haut-Rhin
Gaston LAURENT-ATTHALIN lieutenant au 2e bataillon d'infanterie de la Garde mobile du Haut-Rhin
Deuxième édition
Berger-Levrault & Cie libraires-éditeurs
1881

Aimablement communiqué par Tintin68 avec le concours de l'office de tourisme intercommunal des Bords du Rhin.

la suite au prochain article http://bauds.over-blog.com/article-33197654.html

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- Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 7)

Publié le par bauds


retour au début: - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870
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Fin septembre 1870 (suite) (Magdeburg, camp de prisonniers)

"...Vers cette époque, je fus malade à mon tour, mais pas sérieusement, la fatigue en devait être la seule cause. Je suis allé à la visite pendant une quinzaine de jours, (car il y avait au camp une infirmerie, et chaque jour il venait un docteur passer la visite) au bout de ce temps, je me suis rétabli assez bien, et jusqu'au moment où j'écris, je n'ai pas eu trop à me plaindre du côté de la santé...."




Fin octobre 1870 (Magdeburg)

"...- Vers la fin d'Octobre, il nous fallût quitter le camp, nous sommes venus dans une baraque; un magasin d'artillerie, nous étions assez bien logés, nous avions chacun une paillasse et une couverture. C'est là qu'ils commencèrent à nous retirer un repas, de sorte que nous n'avions plus que deux fois à manger par jour,..."






Encore une vue de Magdebourg

 





Fin octobre 1870 (suite) (Magdeburg)

"...le matin, un jour le café, et un jour la colle, le soir le rata, et un pain de quatre livres et fermier pour quatre jours; on faisait aussi quelquefois une distribution, soit de lard, de beurre; ou des harengs, mais le plus souvent des harengs. Voilà notre ordinaire, heureusement, les jours étaient courts, sans quoi on aurait eu beaucoup plus à souffrir de la faim...."

 





novembre 1870 (Magdeburg)

"...- Nous ne devions pas rester longtemps à cet endroit, à peine les préparatifs pour nous chauffer au moyen d'une machine à vapeur étaient-ils terminés qu'on nous fit déloger; car cet endroit a servi à faire un hôpital. Nous sommes allés dans une autre baraque que devait nous faire regretter celle-ci; elle était construite dans les fortifications de la ville...."

 




novembre 1870 (suite 1) (Magdeburg)

"...Figurez-vous un fossé muré de chaque côté d'une largeur double de celle de l'écluse, le fond planché, De chaque côté s'élève un petit mur en briques, ce mur prend pied à la hauteur du sol, sur celui qui sert à maintenir la terre de chaque côté; D'un côté ce mur est élevé d'un mètre cinquante au-dessus du sol, de l'autre côté, de soixante centimètres seulement, ce qui forme la pente du toit, qui est fait en planches recouvertes de carton goudronné. Du côté le moins élevé sont les fenêtres faites de deux carreaux de hauteur, et deux de largeur; elles sont au niveau de la terre en dehors, et élevées de nous de trois mètres à peu près; une véritable prison...."

 





Précision

J'ai choisi ces images de fiers soldats aux tenues éclatantes pour leur contraste saisissant avec la misère de ces pauves gamins décrite dans la lettre de mon ancêtre (extrait ci-joint). Il n'y a pratiquement aucune création personnelle dans mon blog, à part quelques rares dessins ou photos. Je me contente de rassembler des éléments qui me paraissent intéressants.

A la demande de l'auteur, j'ai ajouté un lien vers le site internet "La guerre de 1870 en images"

Voici ce lien:link

 



novembre 1870 (suite 2) (Magdeburg)

"... Jugez comme cette demeure était malsaine, car le fonds était toujours frais; mais quand vint la gelée, ce fut bien pis encore, car l'hiver est beaucoup plus rigoureux que chez nous. La nuit, il se formait au toit, une épaisseur de glace de plusieurs centimètres; cette glace se fondait en grande partie dans la journée, et l'eau tombait continuellement sur nos paillasses, qui étaient réduites à l'état de fumier, et il fallait coucher là-dessus...."





Une vue récente de Magdebourg

 




décembre à mars1870 (Magdeburg)

"...Vers le quinze décembre, ils commencèrent à monter une machine pour nous chauffer au moyen de la vapeur, mais cette opération était si lente que nous n'avions pas l'espoir d'en connaître l'effet cet hiver; en attendant, vers le premier janvier, ils donnèrent deux poêles dans chaque chambre, mais qu'est-ce que c'était pour une chambre de soixante mètres de long, par un froid de moins vingt-cinq degrés, et surtout que le charbon nous manquait la moitié du temps..."



L'Elbe en hiver à Dresde




A suivre au prochain article... http://bauds.over-blog.com/article-33171517.html

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- Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 6)

Publié le par bauds

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La nouvelle gare de Magdeburg en construction en 1870




11 septembre 1870

"...Il était une heure du matin: Aussitôt notre arrivée, après nous avoir fait placer sur les rangs, on nous a conduits dans un vaste camp dressé pour nous loger. Les premières compagnies seulement eurent de la paille et une couverture par homme; à nous on nous a donné à chacun une couverture, c'était assez pour nous contenter, et nous avons passé une bonne nuit...."




11 septembre 1870 (suite)

"...Le lendemain les soldats prussiens chargés de nous...

illisible...nous éveillèrent, puis nous donnèrent dans chaque ...illisible.., trois gamelles...illisible... et un...illisible...pour...illisible....nourriture à la cuisine, qui se trouvait au bout de la compagnie, puis ils nous donnèrent à chacun une cuiller, que nous devions comme les gamelles rendre après avoir mangé, pour servir à une autre compagnie...."

 

 




Image de Magdebourg au milieu du 19e siècle.




12 septembre 1870 et suivants (Magdeburg, camp de prisonniers)

"...Il en fût ainsi pendant quelques jours, puis ils nous donnèrent à chacun un plat en terre et une cuiller que nous devions conserver. La nourriture du matin, dont je parlais tout à l'heure, consistait en un peu de farine délayée dans l'eau, et un peu de beurre; mais ce beurre passait le plus souvent auprès des marmites, de sorte que cette colle, comme nous l'apellions, n'était pas quelque chose de bon. A midi on nous donnait une petite portion de viande, puis le rata aux pommes de terre avec du riz, des haricots ou de l'orge. Pour de la soupe, ce n'est pas comme en prusse. ..."

 



La gare de Magdeburg avant 1870

 



12 septembre 1870 et suivants (suite 1) (Magdeburg, camp de prisonniers)

"...Ce brusque changement de nourriture, auprès de celle de la France, et la fatigue devaient occasionner bien des maladies; tout le monde avait la dyssentrie, beaucoup faisaient le sang, aussi la mort produisait ses ravages parmi nous. Nous étions divisés en compagnies de trois cents hommes, et les compagnies en escouades, de chacune trente hommes, chaque escouade comprenant deux tentes, nous étions quinze par tente. Nous étions soumis à une discipline très sévère, et il nous fallait répondre aux appels, qui avaient souvent lieu deux fois par jour. Nous ne pouvions pas dépasser les limites de notre camp...."

 



Vue ancienne de Magdeburg

 



12 septembre 1870 et suivants (suite 2) (Magdeburg, camp de prisonniers)

"...Il en fût ainsi pendant quelque temps, puis on nous conduisit au travail tous les jours depuis une heure après midi, jusqu'au soir. Nous étions occupés aux fortifications, à servir les maçons, pour y aller on nous faisait traverser la ville, nous avons remarqué qu'elle était jolie, et qu'elle renfermait d'aussi beaux magasins que ceux de France. Pendant quelques temps nous avons touché trois sous par jour pour notre travail, mais l'habitude de payer s'est passée, de sorte qu'on travaillait pour le roi de Prusse...."

 



Vue ancienne de Magdeburg: l'Hotel de Ville.

 



Fin septembre 1870 (Magdeburg, camp de prisonniers)

"...- A la fin de septembre, ils augmentèrent la nourriture, elle consistait en une distribution de café le matin, la colle à midi et le rata au soir, puis un pain noir pour deux jours; c'est-à-dire on nous donnait quatre pains pour neuf jours, sans cette neuvaine, la nourriture était à peu près suffisante. ..."

 



Vue ancienne de Magdeburg - Le pont royal




A suivre au prochain article...
http://bauds.over-blog.com/article-33084978.html

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- Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 5)

Publié le par bauds

retour au début: - Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870
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Une carte pour visualiser le trajet du 8 septembre. (Gorze - Rémilly = 40 km environ)




08 septembre 1870 (suite 2)
"...La pluie avait tombé, encore tout cet après midi, ce qui était une misère de plus pour nous; mais vers le soir le temps s'éclaircit, et devint froid. Cependant il était nuit, et nous n'étions pas encore arrivés. Le chemin devint de plus en plus mauvais, de sorte que nous étions forcés de nous arrêter à chaque instant pour donner aux premiers le temps de franchir les mauvais passages; cela devint tel que nous nous arrêtions cinq minutes, puis nous faisions quelques pas pour nous arrêter de nouveau; de sorte que le froid nous gagnait, car il avait tombé assez d'eau pour tremper nos effets; beaucoup tombaient et ne pouvaient pas se relever...."




08 septembre 1870 (suite 3)

"...Nous sommes arrivés à un endroit où le chemin n'était pas praticable, on ne pouvait passer qu'un ou deux à la fois, c'était un chemin de traverse qui correspondait à la gare et qui avait été défoncé par l'artillerie prussienne et le mauvais temps. Il était à peu près onze heures du soir, lorsqu'on nous conduisit, non pas à la gare, mais dans un champ prussien, pas un camp, mais des champs, de la boue jusque couvert les souliers,..."




Une semaine plus tôt, à Sedan, Napoléon III livrait son armée à la Prusse. (imagerie d'Epinal)




- Remilly - La lettre n'indique pas la localité, mais je pense qu'il s'agit probablement de la gare de Remilly (carte postale)



 

- Gare de Rémilly

- La gare de Remilly aujourd'hui
 

  link

Extrait de l'article " Rémilly de la préhistoire à nos jours"

 

"En 1870 la localité est ravagée par une épidémie de fièvre typhoide, variole typhus qui se solde par 58 décès C'est l'occupation du territoire et Rémilly se trouve inclus dans un "Reichland". Et ensuite la première guerre mondiale qui voit "Remelach" plier aux exigences allemandes jusqu'en 1918. Le retour à la France ne fut pas définitif puisque le 16 juin 1940 les troupes hitlériennes entrent à nouveau à Rémilly où elles resteront jusqu'au 11 novembre 1944 date de la libération de Rémilly."

 





08 septembre 1870 (suite 4)

"...c'était à ne pouvoir s'en retirer; là il fallait de nouveau nous mettre sur les rangs, à fin de nous compter, puis on nous fit une distribution de pain moisi, que je n'aurais pas voulu regarder en tout autre cas; mais ce jour-là, je le trouvais bon. La nuit m'épouvantait, nous n'avions pas de quoi faire du feu pour nous réchauffer, et faire sécher nos vêtements; il ne fallait donc pas penser à dormir, et cependant nous avions grand besoin de repos, car nous étions tous épuisés...."




08 septembre 1870 (suite 5)

"...Je réfléchissais au moyen de passer cette nuit, sans m'exposer à mourir de froid dans cette boue; j'entendis parler de partir, et presque aussitôt on nous fit mettre sur les rangs, puis on nous dirigea vers la gare qui n'était pas bien éloignée de cet endroit. Voilà comme on nous a placés: quarante-cinq et même cinquante dans chaque wagon à bestiaux;..."







08 septembre 1870 (suite 6)

"...sans bancs; debout, nous avions juste la place nécessaire pour nous mouvoir, mais lorsque nous avons voulu prendre une position de repos, il fallait nous mettre les uns sur les autres, de sorte que la nuit en nous éveillant, l'obscurité était complète, chacun cherchait un bras ou une jambe - qui étaient engourdis sous le poids de quelques voisins. Nous n'étions pas très bien, mais bref, nous étions mieux que les jours précédents...."





09 septembre 1870 (quelque part entre Rémilly et Magdeburg)

"...- Le lendemain à la première gare où nous nous sommes arrêtés, nous avons pu faire nos provisions de bouche, puis vers midi on nous a fait prendre un bouillon au riz avec une portion de viande à chacun. Voilà notre nourriture du premier jour...."

 




10 septembre 1870

"...Le deuxième au matin, on nous a fait prendre du café à la première gare, mais du café sans sucre. Au soir, bouillon comme la veille. Après un stationnement assez considérable, le train reprit sa marche, pour ne s'arrêter qu'à la ville de Magdeburg lieu de notre captivité. ..."

 




- Locomotive

- La locomotive qui tirait le train ressemblait probablement à celle-ci.

 




Pour visualiser le trajet Remilly- Magdeburg (environ 600 km)




A suivre au prochain article...
http://bauds.over-blog.com/article-33002289.html

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- Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 4)

Publié le par bauds

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retour à l'article prédédent: http://bauds.over-blog.com/article-32753864.html

07 septembre 1870 (suite 2)

"...- Il y avait dans tout cela quelque chose d'effrayant; la plaine de chaque côté du chemin conservait les traces d'un combat récent, et qui sera à jamais mémorable: le sol était jonché de débris de toutes sortes des effets d'équipement des combattants, puis on voyait ces tranchées presque sans fin, qui avaient servi à enterrer le nombre énorme des malheureux qui quelques jours auparavant avaient trouvé la mort en défendant la patrie. Ces tombes étaient si peu profondes, que la terre était toute fumante, et qu'il s'en exhalait une odeur infecte...."

 

Voici une carte de la zone entre Etain et Gravelotte, la description correspondant vraisemblablement à la plaine qui est à l'origine de l'expression "il pleut comme à Gravelotte"


Napoléon et Bismarck, une semaine plus tôt à Sedan


07 septembre 1870 (suite 3)

"...A cet endroit, le chemin était un véritable ravin, en avant de nous, il se trouvait une montagne et une en arrière, de sorte que l'eau y coulait aussi abondante que dans une rivière, avec un bruit sourd qui rendait ces lieux encore plus tristes. Jugez de l'effet que produisit sur nous un tel spectacle, dans la position où nous nous trouvions: tout semblait nous préparer à la mort, et une mort épouvantable, car nous avions échappés, aux balles et à la mitraille ennemie, et nous nous trouvions exposés à mourir de faim et de fatigues sous la domination d'un peuple étranger. ..."

 


Napoléon une semaine avant à Sedan



07 septembre 1870 (suite 4)

"...Il n'en fût cependant pas ainsi; la pluie s'étant apaisée, la force revint un peu. Il était nuit quand nous arrivâmes à Gorze, ville du département de la Moselle. Nous pensions y trouver un logement, mais cette fois encore nous nous étions trompés; on nous conduisit hors de la ville, dans une prairie où il fallait passer la nuit sans abri. ..."


Pour visualiser le trajet Sedan - Gorze (128 km)



Vue de la Commune de Gorze (1400 habitants)



07 septembre 1870 (suite 5)

"...Cependant ils nous donnèrent à chacun deux petits biscuits et un peu de lard; après, on fit une légère distribution de bois, ce qui nous permit en nous réunissant à beaucoup, de faire sécher nos vêtements et de faire cuire des pommes de terre que nous avions apportées depuis plus de quatre lieux, et qui nous donnèrent la force de continuer notre chemin le lendemain huit...."





08 septembre 1870

"...Bien qu'on nous aît dit que nous n'avions plus que quelques lieux à faire pour prendre le chemin de fer nous avions raison de n'y pas croire, car ce fût bien la journée où nous avons le plus marché; vers midi, à chaque pas il en restait en route; on était forcé de les conduire en voiture, car ils ne pouvaient pas continuer le chemin à pied, les rangs s'éclaircissaient de plus en plus, car tous nous étions à bout de forces...."




08 septembre 1870 (suite 1)

"...La fatigue apaisant les douleurs de la faim, nous fîmes un effort. On nous fit faire une halte; nous avons mangé le reste de notre biscuit de la veille, puis on donnât l'ordre du départ; le chemin était mauvais à cause de la pluie qui était tombée les journées précédentes. Le courage nous revint un peu, en voyant une ligne de chemin de fer prussienne en construction, qui longeait notre route, car nous attendions avec impatience ce moment où nous pourrions prendre le chemin de fer pour pouvoir nous reposer un peu. ..."




A suivre au prochain article...
http://bauds.over-blog.com/article-32970150.html

 

 

 

 




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- Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 3)

Publié le par bauds

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- Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 3)

05 septembre 1870 (suite)

"...Ce jour encore, grâce à l'empressement des habitants, nous avons été bien, quoique ne faisant qu'un repas par jour et toujours aux dépens des paysans, qui étaient forcés de nous nourrir, mais ils le faisaient avec tant de bonté que nous pouvions presque nous croire en famille. Malheureusement, les jours suivants devaient nous amener des souffrances au-delà de ce que nous pensions...."


06 septembre 1870

"...Jusque là, nous n'avions pas encore beaucoup fait de chemin par jour, mais le six après une étape de trente-sept kilomètres environ, nous étions bien fatigués, car la nourriture n'était pas suffisante pour nous donner des forces, et puis le chagrin nous faisait beaucoup de mal. Enfin arrivés à Etain vers le soir, la pluie tombait fine, il nous fallût camper dehors, dans un verger entouré de murs, et aussi de factionnaires...."


06 septembre 1870 (suite)

"...Nous attendions en vain le repas habituel des jours précédents, il nous fit défaut, et pour surcroît de malheur, la pluie ayant augmenté à l'approche de la nuit, nous étions tous trempés. Nous eûmes de la peine à nous procurer du bois, car il en fallait beaucoup, nous avons enlevé du bois de charpente d'une construction en chantier dans le même verger; nous avons pu, en faisant beaucoup de tort au propriétaire, nous réchauffer et faire sécher nos vêtements; malgré cela, on en a trouvé plusieurs de morts le lendemain matin...."


Une carte pour visualiser le trajet Ecurey-Etain

Une carte pour situer Etain

Une vue d'Etain en 1908

L'église d'Etain aujourd'hui


Voici un aperçu de la lettre de huit pages de mon ancêtre.


07 septembre 1870

"...Cette nuit nous avait paru bien longue, mais la journée du lendemain sept devait nous le paraître encore plus; car de grand matin on nous fît partir: et sans manger. Des officiers prussiens qui parlaient un peu le français, nous avaient dît que nous prendrions le chemin de fer ce jour-là, que nous n'en étions éloignés que d'une vingtaine de kilomètres, le courage ne nous manqua pas dans la matinée; mais vers midi, la faim s'est fait sentir avec tant de violence qu'à chaque instant il en tombait sur le bord du chemin, ne pouvant aller plus loin...."


Carte des alentours d'Etain en direction de Metz

07 septembre 1870 (suite )

"...- C'est dans ces tristes circonstances , que marchant auprès d'un jeune homme, j'eus la satisfaction de reconnaître Valeus, avec qui je suis toujours resté lié depuis. - Il était une heure après midi, un orage se préparait, et le tonnerre commençait à gronder; Au moment où nous traversions la plaine de Gravelotte, l'orage a éclaté avec une telle violence, que que je ne me souviens pas d'en avoir jamais vu de pareil; la pluie tombait avec tant de force, qu'à peine nous pouvions marcher; les prussiens qui nous conduisaient étaient forcés de s'arrêter à chaque instant pour vider leurs bottes dont les tiges se remplissaient d'eau en quelques minutes. ..."


A suivre au prochain article...
http://bauds.over-blog.com/article-32845579.html

 

 

 

 

 

 

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- Témoignage d'un prisonnier de guerre en 1870 (suite 2)

Publié le par bauds

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03 septembre 1870

"...Le trois au matin, on nous fit partir, escortés comme vous ne devez pas en douter d'un grand nombre de sentinelles, le fusil chargé. Nous sommes arrivés vers trois heures à Stenay, petite ville du département de la Meuse; les habitants étaient prévenus de notre arrivée et nous avaient préparé de la nourriture. Nous étions dans une espèce de magasin à fourrages, où il ne se trouvait dans le milieu qu'une allée bien étroite où il n'y avait personne, et qui servit de passage d'un bout à l'autre; faites vous une idée de ce logement occupé par des hommes affamés, et vous comprendrez la difficulté qu'on éprouvait à nous distribuer un peu de nourriture;..."


03 septembre 1870 (suite)

"...malgré toute la bonne volonté , des habitants, les uns eurent beaucoup à manger, et les autres rien. La présence des soldats prussiens rendait presque impossible de se procurer du pain: mais grâce à la bonté d'une demoiselle, et de plusieurs autres personnes qui n'auraient rien refusé pour nous faire du bien, beaucoup avaient pu s'en procurer. Notre nourriture prise, nous songeâmes ?????????..."


04 septembre 1870

"...Pour le lendemain nous eûmes la chance de passer la nuit à couvert????.?quatre, en traversant la ville; nous avons pu juger du bon ooeur de ses habitants, qui ne craignaient pas les brutalités des prussiens , et qui nous apportaient sur les rangs, du pain, de la viande, et autres aliments, et nous adressaient des paroles d'encouragement...."

PS: voir la carte pour visualiser le trajet Sedan-Stenay


04 septembre 1870 (suite)

"...De là on nous conduisit à Liny-devant-Dun, notre logement fût l'église; c'était triste, elle avait déjà servi à loger des prisonniers avant nous, elle était remplie de paille et ressemblait plutôt à une écurie qu'à la maison de Dieu. Là comme à Stenay, nous ne pouvions adresser trop de remerciements aux habitants de cette commune, dont l'empressement à nous nourrir était pour nous la vie pendant ces journées de voyage...."


05 septembre 1870

"...Le cinq on nous conduisit à peu de distance de là, puis on nous fît faire une halte de quelques heures, pour nous faire retourner sur nos pas; nous nous sommes arrêtés dans la commune d'Ecurey, à quelques kilomètres de Liny. Là notre logement fût divisé en trois parties, les uns allèrent dans l'église , les autres dans des granges, mais bien gardées, et nous dans l'école; je vous ai écrit de là une lettre qui donnait quelques détails sur la manière dont nous avons été faits prisonniers; comme la poste était arrêtée depuis quelques temps, je l'ai remis à une soeur, qui m'a promis de la faire partir aussitôt que la poste serait rétablie; je ne sais si vous l'avez reçue...."

 


Voir la vue d'Ecurey, commune citée dans l'article, et notamment son église, sous l'occupation allemande (encore!) en 1914.


Voir la carte pour situer Liny devant Dun

A suivre au prochain article...
http://bauds.over-blog.com/article-32753864.html

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